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L’épuration nécessite des améliorations

L’accroissement démographique et par conséquent une augmentation constante du volume d’eaux usées engendrent une pression toujours plus forte sur les stations d’épuration. Cette évolution nécessite de développer des techniques de traitement de plus en plus pointues.

 

Pierre-Henri Badel, adi-presse

 

Le tout-à-l’égout est une manière fort pratique de se débarrasser des rejets des humains et de l’industrie. Avec, comme corollaire, une concentration de ceux-ci dans des lieux où ils sont sensés ne plus incommoder la population. Encore faut-il que les moyens techniques mis en œuvre pour les faire disparaître soient suffisamment efficaces pour réaliser cet objectif. Les procédés techniques habituellement utilisés pour y arriver reproduisent grosso modo ce que l’on constate dans la nature. Les nappes de sable filtrent mécaniquement les effluents et les plantes absorbent les polluants.

Cette méthode a été améliorée au fil des siècles et des solutions efficaces ont été développées pour extraire et éliminer les résidus. La densification des agglomérations, l’augmentation du prix des terrains ainsi que leur raréfaction tendent pourtant à ce que l’on recherche à mettre au point des installations toujours plus compactes. Et cela, quand bien même leur sophistication progresse régulièrement sous la pression de directives gouvernementales de plus en plus contraignantes.

 

Sortir des sentiers battus

C’est dans ce contexte que les ingénieurs de la Haute école spécialisée tessinoise Icimsi ont développé un système d’assainissement des eaux usées qui apporte une plus grande efficacité au traitement des effluents. Il se base sur un procédé de flottation par air dissout qui réduit les différentes phases du processus de séparation des impuretés contenues dans les eaux usées.

Ce système consiste à insuffler de l’air sous pression. Lorsque celle-ci retombe, cela crée des bulles microscopiques qui se collent aux impuretés contenues dans l’eau. Elles les entraînent alors à la surface du bassin de traitement comme si elles étaient placées dans une mongolfière. Elles y sont écumées mécaniquement plutôt que d’être précipitées dans les couches sédimentaires des filtres comme c’est le cas lors des traitements conventionnels.

Le principal avantage de ce procédé est qu’il nécessite des installations beaucoup moins volumineuses.

 

Bel exemple de partenariat public-privé

Installé dans la station d’épuration de Viège en 2000 afin d’en améliorer le rendement, ce procédé a permis d’accélérer de manière décisive le traitement des effluents de l’usine de Lonza, mais aussi de huit communes du regroupement intercommunal du Haut-Valais. Celles-ci se partagent les coûts de l’exploitation de la station au prorata du volume des eaux usées récoltées dans les bacs de décantation de chacune des communes adhérentes au projet. Un bel exemple d’un partenariat public-privé particulièrement réussi où chacun tire à la même corde.

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