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Le Valais aux petits soins pour son réseau

Bien que les rivières du canton du Valais aient vu la qualité de leurs eaux s’améliorer sensiblement au cours de ces dernières années, de nombreuses mesures seront encore appliquées allant dans le même sens. Cela passera par des raccordements, des extensions de stations d’épuration, la diminution des rejets industriels, l’équipement d’exploitations agricoles, des interventions au niveau des installations hydroélectriques, des renaturations et élargissements de cours d’eau ainsi que par la troisième correction du lit du Rhône.

Clairemonde Hirschmann

La Commission internationale pour la protection du Léman (CIPEL) avait tiré la sonnette d’alarme en 2004 après avoir constaté la présence en quantité limite de certains produits chimiques dans les eaux du lac. Il s’agissait principalement de pesticides et résidus de médicaments en provenance des industries chimiques valaisannes. Le Département des transports, de l’équipement et de l’environnement du canton avait adopté alors des normes plus sévères. «Même en très faibles quantités, on ne connaît en effet pas les répercussions dues à leur accumulation» estimait alors Cédric Arnold, chef du Service de la protection de l’environnement.

 

Un bilan encourageant

Comme le relevait un rapport publié en janvier 2007 par le Service de la protection de l’environnement valaisan, la qualité physico-chimique des eaux du Rhône s’était notablement améliorée depuis le milieu des années 1970 grâce aux 69 stations d’épuration communales (Step) et aux 5 stations d’épuration industrielles destinées à traiter les eaux usées du canton. Quant aux eaux de surface, elles avaient elles aussi gagné en qualité depuis que l’agriculture avait appliqué certaines mesures agro-environnementales telles que la mise en place de fosses et fumières pour le stockage des engrais de ferme durant la période hivernale.

Globalement, le bilan établissait que les concentrations en carbone organique dissous (COD) correspondaient à des eaux de bonne à très bonne qualité; que les phosphates, premiers responsables de l’eutrophisation du lac Léman, étaient aussi en nette régression et que les concentrations en nitrates étaient conformes aux exigences légales. En revanche, il se montrait moins favorable en ce qui concerne l’ammonium, avec un dépassement plus ou moins important des normes autorisées.

La qualité bactériologique des cours d’eau était quant à elle qualifiée de très bonne à moyenne, avec quelques exceptions concernant des rivières à faible débit et récoltant des rejets en provenance d’activités agro-pastorales.

 

Des causes bien précises…

Les études entreprises par le Département des transports, de l’équipement et de l’environnement du Valais permirent alors de déterminer les principales causes de défauts de qualité, souvent liés à une réduction importante des débits des cours d’eau. Le rapport citait notamment les rejets d’eaux usées de certaines communes non encore raccordées à une station d’épuration ou dont les eaux étaient insuffisamment traitées. Il relevait aussi certains déficits observés sur le Rhône, en aval des grandes Step industrielles et communales.

Il mentionnait également qu’en périodes de pluie, certains tronçons de plaine et les canaux transportaient des engrais et des produits phytosanitaires à partir des terres agricoles. Quant à la diversité de la faune et de la flore aquatiques, elle pouvait être mise en péril par l’endiguement des cours d’eau et certains aménagements hydroélectriques, ceux-ci ayant supprimé des zones d’écoulement lent et fait disparaître les limons.

 

… sur lesquelles on est en train d’agir

Sur la base de ce rapport, on décida d’agir sur différents plans. En matière d’eaux usées, il fallait notamment raccorder les villages ne bénéficiant pas encore d’un assainissement. «Depuis, la Step de Simplon village (de 500 équivalents-habitants) a été construite et mise en service en octobre dernier, et les raccordements de Salvan et Finhaut entrepris» rapporte Cédric Arnold, du Service de la protection de l’environnement. D’autres encore concernent les agglomérations d’Evolène, Bourg-Saint-Pierre et Siviez, chantiers qui devraient être achevés d’ici 2011.

Certaines stations existantes devaient aussi être modernisées. «A ce jour, les réhabilitations et extensions de celles de Nendaz-Bieudron, Port-Valais et Saillon sont terminées, les travaux d’extension du traitement des boues sur la Step de Châteauneuf (Sion) également alors que ceux de celle d’Evionnaz ont démarré cet été» cite encore Cédric Arnold. Le rendement de certaines stations dont Vionnaz, Bagnes, Martigny et Zermatt devraient encore être augmentées. L’ensemble de ces interventions permettra de diminuer les coûts d’exploitation, en évitant notamment que des eaux claires parasites parviennent au sein des réseaux d’eaux usées, celles-ci pouvant représenter jusqu’à 50% du volume des eaux traitées.

 

Pour une plus grande maîtrise des rejets

Au niveau de l’industrie - toujours selon le rapport établi en 2007 - l’adaptation des Step devait se poursuivre pour réduire aussi bien les rejets de matières en suspension, de phosphore et d’ammonium que ceux de substances actives pendant la production. Dans ce but, «les industries chimiques valaisannes et le Service cantonal de la protection de l’environnement ont adopté, le 24 juin dernier, une ligne directrice qui fixe une stratégie commune dans la lutte contre les substances d’origine industrielle et indésirables dans les eaux» note Cédric Arnold. Cette dernière prévoit de diminuer d’un tiers les rejets de pesticides par rapport aux exigences fixées en 2005. Quant aux résidus de médicaments, la limite a été fixée à 200 g par jour au maximum pour chacune des substances.

Du côté de l’agriculture, équiper les dernières exploitations agricoles devenait une priorité, sachant en outre que le versement des paiements directs aux agriculteurs est conditionné à l’application des exigences légales. Celles-ci portent notamment sur l’obligation de respecter une bande tampon de 3 m de large le long des cours d’eau.

Dans le secteur de l’hydroélectricité, les exploitants auront quant à eux à assurer des débits suffisants afin de diluer les eaux épurées rejetées par les Step ainsi qu’à poursuivre leurs efforts en ce qui concerne l’impact des purges et vidanges pratiquées. Pour des raisons sécuritaires enfin, divers cours d’eau, en particulier le Rhône, feront l’objet de réaménagements afin d’augmenter leur capacité en cas de crues.

 

A chacun ses travaux

Les diverses opérations relatives à l’assainissement des cours d’eau relèvent du Service de l’énergie. Les études pluridisciplinaires entreprises ont été menées à leur terme et les mesures arrêtées seront mises en application d’ici à 2012 conformément à la Loi fédérale sur la protection des eaux. Quant au réaménagement des cours d’eau, il est du ressort du Service des routes et cours d’eau.

L’élargissement et la revitalisation du Meretschibach à Agarn ainsi que la première tranche des aménagements de renaturation du canal Leytron-Saillon-Fully sont aujourd’hui achevés alors que des travaux similaires concernant la Binna et le Galdikanal sont actuellement en cours. Pour ce qui est de la 3e correction du Rhône, un avant-projet d’aménagement a été mis en consultation publique. La solution retenue combine des élargissements hors des zones bâties avec des abaissements en secteurs construits. Quant aux travaux aux abords de Viège, ils commenceront cet hiver. Autant de mesures concourant à l’amélioration globale de la qualité de notre environnement.

 

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