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Les actes de vandalisme doivent être poursuivis

La lutte contre les atteintes aux biens d’autrui mobilisent les forces de police, qu’il s’agisse de tags, dommages aux véhicules, bris de glace ou autres déprédations. De tels actes doivent être dénoncés pour ne pas être banalisés, mais aussi prévenus par une meilleure sensibilisation.

Clairemonde Hirschmann

Selon les propos de quelques responsables de police de Suisse romande, on s’aperçoit que la lutte contre le vandalisme fait intrinsèquement partie de leurs tâches au même titre que d’assurer la sécurité. Pour les agents, cela signifie une présence visible sur le terrain afin de dissuader autant que faire ce peut leurs auteurs potentiels et, en cas de dégâts, passablement de temps consacré aux enquêtes de proximité qui s’ensuivent.

 

Agir rapidement…

«La prévention, c’est l’affaire de tous». C’est le slogan du nouveau concept Puero que Pierre-Olivier Gaudard, chef de la Division prévention de la criminalité de la police cantonale vaudoise, et Etienne Roy, préfet de Lausanne ouest, ont élaboré dans le but de grouper les différents concepts de lutte contre les violences et les incivilités juvéniles. Ils sont tous deux convaincus que, pour éviter que des actes de vandalisme ou des déprédations se répètent, on ne doit pas sous-estimer ces délits, qualifiés à tort de mineurs, mais réagir rapidement, soit en déposant plainte, soit en prenant d’autres mesures pour sensibiliser leurs auteurs.

«Au niveau judiciaire, on constate actuellement que le délai entre la dénonciation et la peine infligée est souvent trop long, ce qui incite à récidiver» relève Pierre-Olivier Gaudard. On ne peut s’opposer à cet état de fait que par des réactions rapides de la part des adultes concernés, notamment les autorités communales. Avec des actions «répressives» rapides, celles-ci pouvant prendre des formes très nuancées, on évite l’escalade.

 

… et de manière coordonnée

«En matière de prévention, pour obtenir des résultats, il faut opérer avec cohérence sur le terrain» note Olivier Gaudard. «Sur le plan civil, ce n’est pas le cas actuellement, chaque association ou initiative individuelle agissant de son côté, sans trop de concertation» regrette-t-il. Quant aux programmes appliqués au niveau scolaire, ils sont très divers d’un établissement à l’autre en fonction de la sensibilité de leur direction.

«Dans le contexte actuel de mobilité, il est primordial d’agir de manière coordonnée au niveau cantonal» souligne encore Olivier Gaudard. «Il faut partager les responsabilités et les actions entre la police, les autorités communales et les directions d’établissements scolaires. En l’occurrence, les relations que nous entretenons avec ces dernières sont précieuses, les problèmes pouvant surgir tant à l’intérieur des écoles qu’à l’extérieur» ajoute-t-il.

 

Une approche nuancée

Le concept Puero prévoit en premier lieu que chaque préfet constitue un groupe de travail afin de procéder à un état des lieux pour évaluer les besoins en matière de prévention de la criminalité dans son district. Celui-ci sera ensuite chargé de coordonner les actions qu’il aura choisi de mener et d’en assurer le suivi.

Ces dernières pourraient prendre la forme de «cafés-rencontres» ou de journées de prévention à l’échelle du district, servant notamment à rappeler les lois. Ces réunions seraient l’occasion de traiter par exemple des problèmes liés à l’alcool dont la consommation abusive entraîne souvent toutes sortes de comportements répréhensibles. «Les sujets à aborder ne manquent pas, pouvant aller de la fréquentation des soirées par les moins de 16 ans, à la consommation de cannabis; de la violence aux dérives liées à l’usage d’Internet, des blogs et des Natels. Un jeune mal dans sa peau commence souvent par de petits actes de vandalisme. S’il n’est pas interpellé et que son mal-être devient récurrent, comment finira-t-il par l’exprimer? «Par un contrôle social renforcé et «quelques tirages d’oreilles», on peut stopper l’engrenage» estime avec conviction Olivier Gaudard.

 

La conciliation pour éduquer

Le concept Puero vise donc à travailler en réseau avec l’ensemble des partenaires dans le but de résoudre les problèmes récurrents posés par certains jeunes. Les actions peuvent être répressives et - ou - préventives telles que des conciliations extra-judiciaires. Concrètement, celles-ci réuniraient parents et autorités communales avec, en finalité, la signature d’un contrat stipulant la manière de réparer les dommages. Si la négociation s’avérait trop difficile entre les parties, la police pourrait y apporter son appui.

«Avec une telle manière de procéder, les «affaires simples» se règlent rapidement et les frais sont remboursés. D’autre part, les échanges instaurés à cette occasion représentent une excellente mesure éducative. Elle permet en tout cas de faire prendre conscience que, dans notre société, le respect d’autrui et des biens à un prix» affirme Olivier Gaudard.

 

Un travail en réseau

Soutenu politiquement par le Conseil d’Etat et le Département de la sécurité et de l’environnement dirigé par Jacqueline de Quattro en particulier, ce concept a déjà été testé dans trois zones pilotes, à savoir Orbe, Aigle et Nyon. Les échos ont été positifs et d’autres communes se montrent prêtes à l’adopter. Elles apprécient le fait qu’un soutien leur soit donné, avec des lignes directrices simples et des solutions concrètes. Travaillant de concert avec la police, le préfet y joue un rôle de coordonnateur entre la police, les autorités communales, les associations de parents, les autorités scolaires, les polices municipales et les services sociaux.

«Le grand intérêt de cette démarche consiste surtout à associer la population aux actions de prévention et à créer ainsi des réseaux de proximité pour améliorer le maillage civique» résume en conclusion le responsable vaudois.

 

Le nombre de tags a considérablement diminué

Au lieu d’appliquer une méthode de lutte globale contre le vandalisme, la police neuchâteloise a choisi de focaliser son attention sur les tags qui avaient une fâcheuse tendance à proliférer. Après les avoir répertoriés, elle procède à des enquêtes de proximité, réprime les auteurs démasqués et reste vigilante dans la durée. «Après une montée en puissance, on constate que leur nombre a considérablement baissé depuis que nous avons adopté cette manière d’opérer» se réjouit Olivier Guéniat, membre de l’Etat-major et chef de la planification et information.

Quand on parle de prévention, ce responsable estime pourtant qu’il existe aujourd’hui deux catégories de délits qui demandent de mener des actions très différenciées. Bien qu’intolérable, le vandalisme n’est actuellement pas le plus grave en comparaison de tous les problèmes liés à la violence. Ainsi, souvent relayées par le biais des téléphones mobiles et des blogs, les scènes de racket, de tabassage ou de nature sexuelle ont tendance à devenir de plus en plus dures. «On ne se situe plus au niveau des rétroviseurs arrachés ou des poubelles incendiées» déplore-t-il. Des conférences destinées aux enseignants ont par exemple été organisées pour traiter de ces dérives, avec pour mot d’ordre «Tolérance zéro» insiste Olivier Guéniat.

 

Mettre l’accent sur la sensibilisation

Il paraît logique que, dans un canton plutôt rural tel que celui de Fribourg, les actes de vandalisme soient moins nombreux qu’en environnement urbain. «Nous avons pourtant connu quelques affaires de voitures endommagées, de tags et de panneaux de signalisation vandalisés, notamment à Marly. Les personnes impliquées ont dû s’acquitter de quelques jours amendes ou accomplir un travail d’intérêt général» rapporte Frédéric Pilloud, chef de la section police de proximité.

«Dès qu’il y a dégradation, nous invitons surtout la personne lésée à déposer plainte pour que de tels actes ne soient pas banalisés» poursuit-il. Cela permet d’enquêter, de trouver les coupables et de procéder ensuite à une remise en état rapide, le meilleur moyen pour éviter que de telles atteintes à la propriété prolifèrent. «En amont, nous nous consacrons aussi à des tâches de prévention, d’information et de sensibilisation qui se traduisent par davantage de présence policière et également des campagnes d’affichage invitant à plus de respect» cite Frédéric Pilloud, rejoignant en cela l’avis général comme quoi il faut mieux prendre les devants plutôt que de poursuivre…

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