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Des logiciels au service des pompiers

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Les particularités des services d’urgence nécessitent de disposer d’un éventail de logiciels adaptés aux situations les plus diverses. Et surtout qu’ils soient fiables et robustes, tout en assurant la pérennité des applications. Nous avons saisi l’occasion de la mise en place d’un nouveau logiciel de comptabilité au service du feu de la ville de Genève pour faire le tour du propriétaire. Visite guidée.

 

Frédéric Badel

 

Le service du feu de la ville de Genève vient de se doter d’un nouveau logiciel de gestion comptable nommé Urbanus, qui complète le parc informatique de cette administration. Ce programme développé par la société Data Consulting de Lausanne, a été sélectionné par les responsables informatiques du service du feu pour répondre à leurs besoins spécifiques. La ville possède certes une comptabilité centrale, mais il existe néanmoins une certaine volonté de décentralisation.

Comme le souligne Dominik Huguenin, concepteur informatique au service d’intervention et de secours (SIS): «Par rapport aux administrations dites classiques, la nature particulière de ce service, c’est l’engagement et la disponibilité permanents, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept». Une obligation impérative de la part d’un service qui doit toujours pouvoir réagir rapidement et en ne comptant que sur ses propres forces en cas de coup dur. «De ce fait, nous avons aussi acquis au fil du temps une certaine latitude par rapport à la ville quant au choix de nos systèmes informatiques» poursuit-il.

A la question de la motivation du choix de ce logiciel, Dominick Huguenin nous donne une réponse pragmatique: «Pour Urbanus, nous avons travaillé avec les gens que nous connaissions et en qui nous avions confiance. Nous avons ainsi déjà élaboré avec eux la mise au point de notre système de gestion des interventions.» C’est donc sans réel appel d’offre que ce choix s’est effectué, mais dans une optique de continuité au niveau de l’environnement logiciel.

 

D’un système propriétaire à Windows

Le logiciel Urbanus n’a pas nécessité d’adaptation particulière pour répondre aux besoins du service du feu. Le problème majeur rencontré a été celui de la reprise des données: «Comme nous avions un système propriétaire, la reconnaissance et le retraitement des données ont nécessité des modifications et des ajustements» souligne Dominick Huguenin

Ce programme ayant fait ses preuves dans ce service, les responsables informatiques d’autres administrations envisagent de transférer leur comptabilité sous Urbanus, et c’est le cas notamment pour le Service des agents de ville.

 

La gestion des interventions

Ce n’est pas le logiciel Urbanus qui représente réellement le nerf de la guerre. La centrale d’alarme est équipée depuis cinq ans environ d’un logiciel de gestion des interventions nommé Icasis. Celui-ci a été développé par des informaticiens ayant participé par la suite au développement du logiciel Urbanus. Ce système permet une vision globale des différentes phases de l’intervention et assiste le personnel dans la gestion de celles-ci. Ainsi, en fonction des indications fournies par la personne alertant les pompiers, le logiciel propose le nombre et le type de véhicules devant intervenir sur le terrain. Le programme gère également le réveil des équipes d’intervention. «Dans chaque chambre de repos, précise Dominick Huguenin, à côté de chaque lit, se trouve un réveil qui va avertir la personne devant intervenir. Ce n’est donc pas toute la caserne qui est alertée, mais seulement les personnes concernées.»

Ce programme gère automatiquement l’ouverture des portes pour les véhicules retenus pour l’intervention, les informations qui sont affichées sur un panneau à côté de chaque véhicule, ainsi que la fiche de sortie fournie aux pompiers. En outre, la disponibilité de la totalité du parc automobile, ainsi que l’emplacement exact de chaque véhicule peuvent être visualisés sur un écran de contrôle.

 

Les données dédoublées

Pour ce qui est des bases de données, elles sont dédoublées à l’identique. Chacune sur un serveur séparé, l’un consacré à la gestion des interventions, l’autre au traitement des informations après l’intervention, notamment pour la comptabilité ou la transmission de certaines informations aux services de polices concernés. Ce dédoublement des bases de données permet d’éviter les dérangements dus à une éventuelle panne, ceci en particulier pour la gestion des interventions.

D’autres logiciels sont en fonction dans ce service, tels qu’un système de gestion des rapports qui reprend et traite les informations recueillies lors des interventions pour un usage postérieur. «Nous possédons également une grosse application de DAO (Dessin assisté par ordinateur), qui nous permet de retravailler les cartes topographiques selon nos besoins», poursuit Dominick Huguenin Des éléments spécifiques sont ainsi rajoutés aux plans fournis par le service du cadastre: les points d’eau et l’accessibilité par les véhicules de grande taille en sont les points principaux. «A l’avenir, nous aimerions pouvoir imprimer un extrait du plan de détail joint au ticket de sortie remis aux hommes au départ de chaque intervention», précise encore Dominick Huguenin.

 

Actualisation constante de la gestion des alarmes

Une autre application est accessible en ligne pour les clients du service. Environ 1500 bâtiments sont dotés à Genève d’une alarme incendie automatique. Ainsi les données concernant ces bâtiments peuvent être modifiées par le client lui-même, ce qui assure une mise à jour plus efficace des informations relatives à ces bâtiments. «Nous avons installé ce système pour remédier à certains problèmes que nous avons eus dans le passé. Il nous est déjà arrivé de contacter une personne que nous croyions être la responsable lors d’une intervention suite au déclenchement d’une alarme dans une banque. En effet, nous n’avons pas les moyens de pénétrer dans les banques sans être accompagnés d’un de leurs employés. Or dans certains cas, la personne qui avait été désignée comme notre interlocuteur ne travaillait plus dans l’établissement depuis plusieurs mois.» C’est donc pour éviter ce genre de désagrément que les clients sont désormais appelés à effectuer les modifications eux-mêmes.

Aucun changement d’envergure n’est prévu dans les mois à venir. «Nous ne prévoyons pas de modification majeure dans l’immédiat, si ce n’est le remplacement des GPS et du système de transmission des données dans les véhicules d’intervention», nous confie Dominick Huguenin.

 


 

Data Consulting

Active depuis plus de 25 ans sur le marché des solutions informatiques, cette société développe des applications sur mesure. Développée au départ pour les sociétés électriques et les communes, la solution de gestion Urbanus sert de noyau de base à tous les développements maison. Elle a été adaptée ultérieurement à l’administration des entreprises pouvant compter jusqu’à 500 employés. Les développements s’effectuent depuis 1995 au moyen du logiciel Clarion, de l’éditeur américain SoftVelocity. «Cet environnement permet, dans sa version actuelle, d’intégrer les applicatifs à Internet» souligne Luciano Bernardoni, cofondateur, avec Francesco Pascale, de l’entreprise qui a son siège à Lausanne.

 


 

Article paru originellement dans «Gestion et Services Publics» n° 3/2002

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