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Le pick-up, véhicule à tout faire des communes

Pick-upPendant des décennies, les véhicules que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de pick-up n’existaient quasiment pas. Seules les camionnettes bon marché réservées aux métiers agricoles et artisanaux permettaient de transporter de petites charges. Lorsqu’ils sont apparus sur le marché, les pick-up, ces véhicules bâtards à mi-chemin entre la berline et la camionnette, traînaient derrière eux la réputation peu reluisante de cul terreux. Peu à peu, les mentalités ont pourtant changé. Au travers des grands western des temps modernes, ils sont venus en force sur le devant de la scène. Grâce à leur polyvalence, ils se révèlent fort utiles, tant aux artisans qu’aux employés des services publics.

 

Pierre-Henri Badel

Véhicule roi aux États-Unis pendant des décennies, le pick-up a également investi l’Europe où il est aujourd’hui très apprécié pour son côté pratique et polyvalent. Mais son image de véhicule besogneux lui a longtemps collé à la peau. Les constructeurs automobiles ne firent d’abord pas grand cas de lui, se limitant à répondre à une faible demande. Ce n’est que plus récemment, sous l’impulsion des fabricants japonais, que l’on commença à lui donner un air plus sympathique et convivial. Ce manque de classe et l’aspect assez rustique des modèles proposés l’a donc desservi pendant longtemps, raison pour laquelle il s’était éclipsé du marché pendant de longues années.

L’amélioration du confort général des véhicules utilitaires a peu à peu redoré le blason des pick-up; d’autant que leur apparition dans de nombreux films américains fit qu’ils furent associés immanquablement à l’image de liberté dans un décor grandiose et sans fin.

L’évolution la plus caractéristique de ces dernières années est que les constructeurs japonais ont fait main basse sur ce marché européen. En dehors de GMC - qui ne propose par ailleurs pas de pick-up officiellement  sur le marché suisse – ceux-ci sont désormais les seuls, avec le constructeur indien Tata qui vient de racheter la marque et les usines Landrover à Ford, à proposer ce type de véhicules. Même Opel, longtemps présent sur ce marché, a jeté l’éponge voici plusieurs années. Le constructeur indien se lance sur le marché international avec des offres particulièrement attrayantes en terme de prix mais, à notre connaissance, ne dispose pas encore d’importateur officiel en Suisse. Raison pour laquelle nous ne l’avons pas mentionné dans le tableau comparatif.

 

L’utilitaire par excellence

Entre 2006 et 2007, le nombre de pick-up immatriculé en Suisse, bien que relativement modeste (1689 unités) a augmenté de 25%. Toutes les marques présentes sur ce créneau ont amélioré leurs ventes de ce type de véhicules. Nissan vient en tête avec 600 véhicules vendus en 2007, devant Ford qui a vendu quelques 250 véhicules. Viennent ensuite Mitsubishi et Mazda (220 véhicules, ce dernier constructeur en très forte progression avec les ventes de son nouveau BT 50 qui venait d’être lancé sur le marché et dont les ventes dépassaient à peine une dizaines d’unités), Toyota (190) et Isuzu (180). Le succès des pick-up peut aussi être mis au crédit de l’engouement du public pour de nouvelles catégories de véhicules que l’on désigne sous le nom de SUV, abréviation de «sport utility véhicules», dans le jargon spécialisé. Les concepts traditionnels sont remis en question en cette période plus difficile. On choisit le fonctionnel plutôt que la frime. Dans ce sens, le pick-up est réellement le véhicule qui réunit tous les atouts.

Les nouvelles générations ont hérité d’une plastique bien mieux adaptée à un usage extrêmement polyvalent. La mode des pick-up dans les loisirs est toujours plus présente. Les constructeurs veulent lui faire véhiculer une image de baroudeur épris de sports extrêmes et, à ce titre, le montrent dans leurs publicités transportant des quad, des planches à voile, des motos de cross et des VTT.

Les constructeurs commencent à effectuer des «crash test» en vue de contrôler s’ils offrent un niveau de sécurité élevé. C’est la preuve que la fièvre pour ces véhicules s’accentue chaque jour un peu plus chez les particuliers. Les essais réalisés en 2008 ont démontré que le L200 de Mitsubishi a obtenu les meilleurs résultats au test Euro NCAP qui compte parmi les plus crédibles sur le marché. Il s’en est sorti avec quatre étoiles, soit nettement mieux que ses concurrents. Dans les tests latéraux, il a même obtenu le nombre de points maximal décerné par les instances qui les organisent.

Pour renforcer leur vocation, les véhicules sont devenus toujours plus confortables et leur esthétique s’est très sensiblement améliorée. Leur rusticité en a pris un coup, ce qui s’avère aujourd’hui être un inconvénient majeur pour ceux qui recherchent un véhicule utilitaire polyvalent et sans chichis.

Le pick-up reste pourtant le véhicule de prédilection des artisans et des indépendants exerçant une profession manuelle. Les services techniques des entreprises et des services publics - tout comme les services industriels et de la voirie, les compagnies d’électricité ou du gaz - sont également très attirés par la polyvalence de ces véhicules. Qu’il s’agisse de transporter des sacs de sable ou de ciment, quelques tuyaux ou caisses à outils, le pick-up est toujours prêt à rendre service.

 

Un retour aux sources

Leur récente orientation poussée à outrance vers les loisirs a pourtant fait prendre conscience aux constructeurs qu’il existait parallèlement une certaine demande pour un véhicule plus rustique. C’est en particulier ce qu’a compris la firme japonaise Nissan qui prévoit de relancer un ancien modèle de sa gamme de pick-up pour occuper ce créneau resté inoccupé. Il va prochainement ressortir l’ancienne version de sa gamme, appelée tout simplement Pick-up D22, qui sera moins confortable mais plus fiable et robuste. Egalement doté d’un moteur diesel de 2,5 litres comme c’est le cas de l’actuel Navara, ce véhicule ne développera que 133 ch. et non plus 171 comme la version livrable aujourd’hui. En raison de l’intérêt que les services publics pourraient montrer pour ce modèle qui leur est spécialement bien adapté, nous l’avons mentionné dans notre tableau comparatif avec des données techniques indiquées sous réserve de leur confirmation, prévue en principe pour le mois de juillet 2008.

Toujours chez Nissan, il faut aussi relever un détail qui n’est pas anodin. Sur le modèle Navaro, la charge tractable a été ramenée récemment de 3,5 à 3 tonnes pour privilégier la charge utile sur la surface de chargement du véhicule. Cet abaissement de la capacité de charge n’a pas été répercuté sur la documentation officielle de la marque qui mentionne toujours 3,5 tonnes dans ses prospectus. C’est la raison pour laquelle nous avons indiqué cette valeur dans nos tableaux, contrairement à ce qu’affirme le constructeur dans sa documentation.

 

Un large éventail de modèles

La plupart des constructeurs japonais proposent de nombreux modèles, aussi en versions tout-terrain entraînées par des moteurs diesels à rampe commune et injection ou parfois même à essence. Ces groupes propulseurs se caractérisent par des puissances importantes; c’est surtout le cas quand ils entraînent des versions 4 x 4. L’éventail des véhicules proposé par les différents constructeurs est désormais extrêmement vaste et chacun peut y trouver chaussure à son pied. Les différentes variantes et leur esthétique encouragent aussi les acheteurs potentiels, rassurés par la volonté des constructeurs de démontrer que ceux qui s’installent au volant de tels véhicules ne passent plus pour des bêtes curieuses. Le pick-up a désormais acquis ses lettres de noblesse et en conduire un n’est plus du tout péjorant. Au contraire, il sent bon l’aventure et la virilité dans un monde toujours plus aseptisé.

Selon les marques, on le retrouve aujourd’hui décliné en de nombreuses versions, depuis le simple véhicule à deux places jusqu’au modèle permettant de transporter deux ou trois passagers de plus à l’arrière pour se rendre sur un chantier éloigné. En tant que véhicule tout-terrain, il permet d’atteindre des endroits escarpés ou de traverser des régions dont les sols peuvent être boueux ou détrempés. Et ceci d’autant plus que les routes situées désormais dans des zones fermées à la circulation pour éviter une trop forte pression de la population sur la faune et la flore, ne sont plus toujours très bien entretenues, et cela intentionnellement. En deux mots, le pick-up tout terrain a tout ce qu’il faut pour être qualifié de résolument contemporain.

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