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Quelle déneigeuse choisir?

Durant un hiver particulièrement long et enneigé en 2008, les déneigeuses ont été mises à rude épreuve. Et en dépit du réchauffement climatique confirmé par les scientifiques, l’hiver 2009-2010 s’annonce déjà précoce. Allons-nous vivre une période de froid aussi durable que l’an dernier? Nul ne le sait. Les spécialistes du déneigement se sentent parfois désarmés car leur engagement dépend des budgets dont ils disposent.

Pierre-Henri Badel

A peine tombés, les premiers flocons de neige font la joie des enfants et de certains citadins, émerveillés de voir leur environnement envahi de blancheur. En revanche, pour les spécialistes du déneigement, c’est le début d’une lutte sans merci contre les éléments naturels. En plaine, la question ne se pose pas: il faut éliminer la neige dans les plus brefs délais car les automobilistes n’ont pas l’habitude de circuler sur des chaussées glissantes et si des accidents interviennent, l’intense trafic qui se concentre sur les routes et les autoroutes va être rapidement bloqué. Il en va tout autrement dans les régions d’altitude plus élevée où les habitants des vallées ont appris à cohabiter avec la neige.

 

Des préoccupations qui datent du début du siècle

Dans notre pays, l’utilisation des fraiseuses à neige date déjà de près d’un siècle. C’est en en effet en 1928 que la route du col de la Maloja, dans les Grisons, est ouverte pour la première fois avec un tel engin pour y faire passer les cars postaux. Depuis cette époque, les grandes fraiseuses à neige conçues pour dégager les chaussées ont bien évolué. Elles sont devenues plus puissantes et plus confortables pour les chauffeurs qui doivent y rester au volant pendant des heures, dans la froidure des hivers en montagne.

Chef de la section logistique d’entretien (SRCE) du service des routes et des cours d’eau du canton du Valais, Philippe Antonioli avoue son impuissance face à des événements naturels tels que subis durant la dernière saison hivernale. Le canton d’étend sur une très vaste étendue, avec 1800 kilomètres de routes cantonales et 130 kilomètres d’autoroute. Pour maîtriser les éléments, le Valais est subdivisé en trois sections et sept arrondissements, chacun sous la responsabilité d’un voyer de l’Etat.

 

Etroite collaboration avec les communes

Le service du canton s’occupe aussi parfois, pour des questions pratiques, du déneigement de certains tronçons placés théoriquement sous la responsabilité des communes. Sans compter que le déneigement est aussi confié à des entrepreneurs privés intervenant directement sur place, ce qui est plus efficace que s’il fallait envoyer des véhicules. C’est pour la même raison que le service des routes comprend quatre centres d’intervention décentralisés, en l’occurrence à Charraz, à Sierre, à Brigue et au Simplon.

Forte de 430 collaborateurs et régnant sur quelque 160 véhicules chargés de l’entretien des routes, la section de logistique d’entretien du canton du Valais est propriétaire des équipements de déneigement qui se montent sur les véhicules. En revanche, la plupart des engins composant ce vaste parc appartient à des entreprises ou à des particuliers. A cela s’ajoutent cinq fraiseuses de hautes performances spécialement affectées au déneigement des vallées et des cols alpins. Le service est aussi en charge du déblaiement des autoroutes, dans le cadre du centre national d’entretien également chargé des routes nationales du canton de Berne et qui a son siège à Thoune.

 

Les cols et les routes de montagne sont particulièrement contraignants

Le déblaiement des routes de montagne et des cols constitue naturellement la plus importante contrainte du service. Et l’hiver dernier n’a pas été en reste, avec 8 mètres de hauteur cumulée de neige au col du Simplon. Dans de telles circonstances, il arrive aussi qu’une station de montagne comme Crans-Montana soit plus rapidement déblayée de sa neige que la ville de Sierre, cela en raison des touristes qu’il n’est pas possible de délaisser.

Des saisons hivernales aussi longues apportent évidemment leur lot de soucis en ce qui concerne l’entretien et l’usure des machines. Pour y palier, le centre de Sion possède un assez important stock de pièces de rechange pour faire face aux nécessités les plus urgentes. L’équipe qui y travaille se retrouve constamment sur la brèche car les incidents sont nombreux pendant en raison des fortes sollicitations des engins et machines dans la neige et la glace.

Une fois l’hiver achevé, tous les véhicules appartenant à l’Etat reviennent au bercail. C’est à ce moment que les travaux d’entretien courant interviennent pour leur permettre de reprendre du service la saison d’après. Mais le matériel ne dure pas indéfiniment. Un budget de 3,5 millions de francs est ainsi affecté à son renouvellement chaque année. «Nous tenons compte des durées d’amortissement générales et essayons de renouveler le parc en fonction du kilométrage et du nombre d’heures d’engagement» précise Philipe Antonioli. De cette manière, le renouvellement s’effectue en douceur et en fonction des besoins spécifiques liés à l’utilisation du matériel sur le terrain. Des appels d’offre publics sont donc lancés régulièrement pour maintenir le parc à niveau. Il est en effet indispensable de posséder des équipements performants. «Les gros travaux de réparation et d’entretien sont cependant confiés à des entreprises spécialisées car nous n’avons pas suffisamment de personnel pour assurer toutes ces interventions» admet Philippe Antonioli.

 

Des budgets souvent élastiques

Pour l’ensemble des opérations de déneigement, la valeur du budget (sans la main-d’œuvre du personnel de l’Etat) s’est établie à 11,1 millions de francs en moyenne entre 2000 et 2007. Elle a en revanche atteint 15,3 millions en 2008. Il a donc fallu que les députés votent des rallonges au budget ordinaire pour finir la saison hivernale. Les effets du réchauffement climatique ne semblent donc pas trop réduire les dépenses. «On s’aperçoit surtout qu’il y a une accentuation des extrêmes de températures, ce phénomène ayant été très marqué l’hiver dernier» relève en outre Philippe Antonioli.

 

 


Du sel à la pelle

Le sel reste le moyen de lutte le plus efficace pour faire fondre la neige et la glace sur les chaussées. Le centre du service des routes du Valais à Sion en stocke 1700 tonnes, mais c’est au total 7000 tonnes qui sont commandées et réparties sur les différents centres d’entretien du canton. Il vient des raffineries de Rheinfelden par camion. «Nous avons bien fait des tests avec des copeaux de bois, mais cette solution est surtout valable pour les villes» reconnaît Philippe Antonioli, donc très mal adaptée à la configuration du Vieux-Canton.

P.-H. Badel

 

Tableau des caractéristiques de principales fraiseuses à neige proposées sur le marché suisse

Constructeur Bucher Schörling Bucher Schörling Bucher Schörling Küpper-Weisser Küpper-Weisser Viktor Meili Viktor Meili
Modèle
Rolba 600 Rolba 1500 Rolba 3000
B4
Snow Booster B6 VM 1400 VM 1800
Importateur/Distributeur 
Bucher Guyer
Bucher Guyer
Bucher Guyer
Boschung Boschung Viktor Meili 
Viktor Meili 
Puissance (ch/kW)   
280/205 442/325 570/420
101/74 353/260
145
280
Capacité de déblaiement (t/h)* 
2600 3500 5000 1000 2500 1200 2200
Largeur du véhicule (cm) 220 250 250
160
210
140
160
Longueur du véhicule (cm) 
632 650 680
540 635 465 565
Hauteur du véhicule (cm) 
320 [1]
320
320 244 330 235 265
Largeur de fraisage (cm)
220 250 250/320[2] 160 210/230/250 150-180 180-230
Diamètre de la fraise (cm)
110 110
110 100 85
90/110 90
Empattement (cm) 220 230 230 218 230 155 230
Diamètre de braquage (cm) 1000 1050 1060 620 n.c.
470
860
Vitesse de dislocation max. sur route (km/h)
45 50 50
40
40 30 40
Type d’entraînement
hydrostatique hydrostatique hydrostatique hydrostatique 
hydrostatique
hydrostatique hydrostatique
Norme d’échappement des gaz
Euro 3a Euro 3a Euro 3a Euro 4
Euro 3a Euro 4 Euro 3a
* Valeur moyenne indicative dépendant de la qualité de la neige

[1] En option, le surplomb de la cabine peut être rehaussé de 70 cm pour a voir une meilleure vision en cours de travail

[2] Avec rallonges latérales

 

 

 


 

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