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Pascal Floret: un pro du service hivernal

Travaillant depuis une quinzaine d’années dans le secteur du déneigement et des véhicules communaux, Pascal Floret ne connaît pas uniquement la situation dans le canton du Valais. En tant que responsable de la division technique de la coopérative Agrol de Sierre, il navigue sur une bonne partie de la Suisse romande et du Haut-Valais pour conseiller les communes dans leurs acquisitions de véhicules et équipements pour la voirie.

 

Pierre-Henri Badel, adi-presse

 

C’est un peu par hasard que la coopérative Agrol s’est lancée dans la vente et l’entretien de machines pour les communes. Voici quelques années, il fallait trouver une occupation en hiver pour les mécaniciens qui, durant la belle saison, s’occupaient de l’entretien des machines agricoles des membres de la coopérative. Le pas fut allègrement franchi, et la demande des services publics suivit progressivement. Il faut dire que l’on vivait une période où les communes étaient encore mal équipées pour affronter l’hiver. Aujourd’hui, Agrol réalise une bonne part de son chiffre d’affaires dans ce secteur et possède un vaste garage avec magasin de pièces détachées pour y effectuer des réparations et travaux d’entretien. «N’importe qui peut vendre des machines; encore faut-il pouvoir offrir un service et être équipé pour effectuer les réparations» souligne Pascal Floret.

Depuis peu, l’entreprise propose également à ses clients un service de dépannage pour les véhicules de service hivernal. Il assume même une permanence pour venir en aide aux chauffeurs qui se trouvent en panne avec leur chasse-neige ou leur fraiseuse. Un service d’autant plus apprécié que le parc des machines de déneigement est, de l’avis de Pascal Floret, plutôt vieillot. «Les entreprises hésitent beaucoup à faire de nouvelles acquisitions car le tarif horaire est soumissionné selon une échelle basée sur le nombre de chevaux et non pas sur les performances réelles de déneigement» regrette-il. «Cela freine le passage à de nouvelles générations de machines».

 

Choisir la bonne solution

«Auparavant, les communes achetaient plus de véhicules spécialisés» note Pascal Floret. «Avec la diminution des quantités de neige, elles préfèrent aujourd’hui les polyvalents» poursuit-il en laissant pointer un léger bémol. «S’il faut trop de temps pour monter un engin sur un véhicule, on est en droit de se demander si cela vaut réellement la peine de choisir une telle solution». Pour lui, tant qu’un engin se fixe sur la plaque frontale du véhicule, les changements sont assez aisés. D’une manière générale, il reconnaît pourtant que les communes sont maintenant bien équipées et que les fabricants et importateurs se battent actuellement essentiellement pour un marché de remplacement. Pour les chasse-neige et les fraiseuses, les ventes dépendent beaucoup de la quantité de neige qui est tombée l’armée précédente. «Quand il y a peu de précipitations, les responsables considèrent que le véhicule tiendra bien encore une saison. Par contre, la situation s’avère sensiblement différente pour ce qui est des saleuses, car on doit affronter des routes verglacées toutes les années.

L’Etat du Valais possède une dizaine de grosses fraiseuses pour déneiger ses cols alpins. Certaines communes, telle que celle du Simplon, en possèdent par la force des choses. Les sableuses sont aussi propriété de l’Etat qui les met à disposition des entreprises qui soumissionnent le salage des routes.

 

Les moyens évoluent

Parmi les innovations techniques de ces dernières années, il faut souligner l’apparition de chasse-neige à double lèvre. La bavette en caoutchouc est utilisée avec de la neige assez molle, alors qu’une lèvre métallique escamotable peut se rabattre derrière le bouclier pour attaquer les croûtes trop dures et les couches verglacées. Un tel dispositif est actionné par des vérins hydrauliques et commandés depuis la cabine du chauffeur. Son avantage est que dans les régions habitées, le niveau sonore est moins élevé quand on utilise les lèvres en caoutchouc, et leur usure est moindre.

L’autre tendance est apparue avec les lames triaxiales qui sont dotées d’un soc déflecteur orientable de chaque côté du bouclier frontal. On peut ainsi non seulement faire varier la largeur de déneigement, mais aussi mieux maîtriser les masses de neige que l’on attaque. On peut les évacuer d’un côté ou de l’autre de la chaussée ou même les entasser devant le véhicule. Ceci est pratique dans les endroits où il n’y a pas de dégagement latéral pour accumuler la neige sur les bords des chaussées comme cela se fait avec les socs triangulaires conventionnels. Ces innovations ne seraient pourtant rien sans un contact privilégié avec des clients de longue date. «En Valais, il y a encore beaucoup de critères émotifs dans la vente. Mais ils ont tendance à disparaître comme ailleurs» regrette-t-il.

 

 


 

Article paru initialement dans «Gestion et Servicves Publics» n° 4/2002

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