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Comment choisir une tondeuse à gazon?

Pour les services d’entretien des espaces verts, le choix d’une tondeuse à gazon dépend en priorité de la nature des surfaces à entretenir mais aussi des équipements déjà disponibles. Selon les cas, on optera pour leur complémentarité ou leur unification. Mais comme les impératifs budgétaires sont toujours plus contraignants, chaque évaluation s’inscrit aujourd’hui dans une réflexion approfondie en matière de rentabilité des interventions.

 

Pierre-Henri Badel, adi-presse

 

Remplacer sa petite tondeuse à gazon communale par un modèle offrant une largeur de coupe plus importante peut s’inscrire dans une réflexion de pure logique économique. Ce n’est pourtant pas toujours le meilleur moyen de réduire les coûts d’entretien des espaces verts. En effet, la densification des espaces habitables a comme conséquence une diminution des surfaces vertes. C’est très perceptible dans les villes bien que les pouvoirs publics tentent de contrebalancer le bétonnage de leurs zones de verdure en créant des espaces compensatoires tels que les micro-jardins urbains. L’entretien de ces derniers relève cependant davantage de la micro-chirurgie que d’interventions d’envergure pour lesquelles il est nécessaire de disposer d’engins à très haute productivité.

En ce qui concerne les grands parcs urbains, l’appropriation des surfaces de verdure par les habitants ainsi que la multiplication (salutaire) de terrains de jeux pour les enfants, de zones de détente pour les passants, de pistes cyclables, etc. fait que les aires de gazon s’amenuisent constamment.

 

A chaque type de terrain sa tondeuse

Ces deux phénomènes poussent les pouvoirs publics à opter pour des tondeuses à gazon plus polyvalentes, généralement montées sur des tracteurs que l’on peut utiliser aussi en hiver pour déneiger les trottoirs, les allées des parcs, les ruelles des centres piétonniers des villes et des villages, les cours d’école, etc.

Le secteur de prédilection des tondeuses de grande largeur reste pourtant inchangé, à savoir les terrains de sport (football, rugby, golf, etc.) et piscines publiques en plein air ainsi que les grands parcs. Il s’agit en général d’espaces dont l’accès peut être condamné pendant une certaine période pour les entretenir. Leur plage horaire d’inutilisation reste pourtant confinée en fonction de leur taux d’occupation. Il faut donc pouvoir intervenir efficacement et rapidement pour limiter les inconvénients de leur inaccessibilité au public durant de longues heures. Il faudra ainsi disposer de machines plus puissantes qui offrent un meilleur rendement, donc présentant une grande largeur de coupe. Plus lourdes que celles qui ont un plus faible rendement, elles sont par contre moins maniables et ont beaucoup plus de peine à contourner les obstacles qui se présentent sur leur route.

 

Deux options distinctes dans les grands équipements

Il existe deux catégories bien distinctes de tondeuses de grande largeur: les modèles autoportés dotés de deux ou trois modules équipés de lames rotatives axiales et ceux conçus de manière à recevoir une grande lame rotative hélicoïdale. L’engouement pour ces dernières est de plus en plus freiné par leur manque de souplesse d’intervention dans des terrains pas parfaitement planes. Sur les tondeuses de grande largeur composées de plusieurs modules de tonte à lame rotative axiale en revanche, ceux-ci peuvent, selon les versions, s’articuler les uns par rapport aux autres et donc se lover sur la surface des terrains à entretenir. Cette catégorie de tondeuses épouse donc plus facilement les courbes de niveau. Sans compter que, sur certains modèles de tracteurs susceptibles d’embarquer ce type d’engins de coupe, on peut fixer plusieurs modules de coupe. Souvent trois au même cinq sur le même véhicule porteur. Mais aussi parfois qu’un seul module au lieu de la panoplie complète.

Pour un coût relativement modeste, on peut aussi transformer une tondeuse de grande largeur en un modèle nettement plus maniable qui deviendra dès lors utile partout où il faut intervenir rapidement et efficacement. Plus agile, elle sera mieux adaptée à la tonte des petites surfaces engazonnées que l’on trouve dans les jardins publics, allées, promenades, etc. Surtout si ces surfaces se trouvent dans un terrain partiellement accidenté ou comportant des talus à plus ou moins forte déclivité.

 

Penser à la logistique associée

Les modèles de grande largeur présentent cependant quelques inconvénients dès l’instant où ils ne sont plus dédiés qu’à un seul site. Parmi ceux-ci, celui de leur transport qui exigera de disposer d’une remorque de grande largeur, également difficile à manœuvrer. Si l’on opte pour une tondeuse à lame rotative hélicoïdale, l’acquisition d’une grande remorque – si l’on n’en possède pas encore – est inéluctable. Ce n’est en revanche pas le cas des modèles à deux ou trois modules de coupe à lame rotative axiale, ceux-ci pouvant être généralement déposés individuellement. Cela permet de réduire la largeur de la machine et donc de l’embarquer sur une remorque de plus faible largeur, celle-ci faisant souvent déjà partie du parc standard de véhicules du service d’entretien des espaces verts.

Il faut aussi prévoir une remorque ou des conteneurs dans lesquels décharger rapidement l’herbe accumulée dans le réceptacle de la tondeuse. Il existe des modèles donc ce dernier peut être soulevé en hauteur de manière à basculer facilement, ce qui simplifie et accélère très sensiblement les opérations de déchargement, réduisant d’autant les temps morts.

 

Prendre en considération le confort du conducteur

Contrairement à ce qui est le cas avec les balayeuses et déneigeuses, les tondeuses à gazon autotractées n’auront pas forcément besoin d’être équipées d’une cabine fermée. En effet, les interventions s’effectuant durant la belle saison et généralement par beau temps, les désagréments des intempéries ne sont pas rédhibitoires. Le seul motif militant en faveur d’un tel abri concerne la protection du conducteur contre le bruit du moteur. Il existe en effet aujourd’hui des cabines particulièrement bien isolées contre les ondes acoustiques et qui améliorent ainsi sensiblement les conditions de travail.

Si les surfaces à tondre sont vastes, exigeant du préposé à la tonte de rester de longues heures de concentration au volant de son engin, il peut s’avérer particulièrement judicieux d’étudier ce critère avec un soin particulier. Une version avec cabine fermée peut compenser de manière efficace l’inconvénient d’un moteur relativement bruyant, mais aussi des désagréments de la dissémination des graminées auxquels on peut être allergique. Par contre, comme une tondeuse est utilisée durant les beaux jours, avec une cabine fermée, il faudra prévoir également une climatisation, l’ambiance qui règne à l’intérieur pouvant rapidement devenir étouffante. Le carrossage des cabines est en effet constitué en majeure partie de vitres afin de bénéficier d’un maximum de visibilité sur son travail, un souci bien légitime quand on doit travailler dans des espaces où évolue du public, surtout composé d’enfants et de petits animaux. Les dangers rôdent en effet parfois pas très loin des lames de la tondeuse.

 

Soigner tout particulièrement l’adhérence des machines

Si les tondeuses sont utilisées sur des terrains humides, par exemple des surfaces fréquemment arrosées (comme c’est le cas pelouses de piscines publiques à ciel ouvert ou grands parcs), ou que le terrain est relativement bosselé ou en pente, il est indispensable de disposer de modèles qui présentent une bonne adhérence.

Si ce n’est pas le cas, les roues vont patiner et arracheront du même coup le gazon de son substrat, ce qui nécessitera ensuite de remettre les pelouses en état. Cela les condamnera durant plusieurs semaines, soit jusqu’à ce que la surface herbeuse ait repoussé. Pour éviter ce désagrément majeur, on préférera donc avantageusement d’opter pour des tondeuses dotées de moteurs avec propulsion sur les quatre roues et équipées de pneus de grand diamètre et larges. Pour garantir également une bonne adhérence et préserver le terrain, il faut veiller à ce que le profil des pneus soit bien adapté. Il ne doit pas être trop marqués, mais pourtant ne pas glisser sur l’herbe humide.

Au-delà de ces critères techniques, la conduite des tondeuses est un art qui doit être bien maîtrisé par leurs conducteurs si l’on veut que leur travail n’anéantisse pas celui de ceux chargés de la plantation et de l’entretien du gazon. Il faut donc les responsabiliser en conséquence quant à une éventuelle remise en état des surfaces engazonnées qui auront été endommagées à la suite de leur passage. Il s’agit assurément là d’une excellente motivation en faveur d’un travail de qualité optimale. Surtout si l’on mandate une entreprise pour assurer la tonte du gazon. Le mieux sera ainsi de mentionner la remise en état des zones détériorées dans les appels d’offres ou les contrats.

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