Le crise qui a frappé l'économie mondiale à partir de mi-2008 a fortement touché la région franco-valdo-genevoise au cours de l'année suivante.
L'emploi a payé un lourd tribut à la récession et le chômage s'est amplifié à grande vitesse au sein de l'agglomération franco-valdo-genevoise au cours de ce la crise économique qui a frappé la région depuis 2008. Cette évolution s'inscrit dans un contexte démographique emprunt de dynamisme. Entre 1999 et 2007, l'agglomération franco-valdo-genevoise a gagné en moyenne presque 12'000 habitants par année. En 2007, elle en comptait 812'000. Cette attractivité ne peut être que préservée par la sortie de crise récente, observée d'abord en Suisse puis en France, revèle l'Observatoire statistique transfrontalier.
Les retombées de la crise dans les département de l'Ain et la Haute-Savoie est telles que l'emploi y est retombé au-dessous du niveau observé en 2000. Ces deux départements pâtissent de leur structure économique ayant une vocation plutôt industrielle. Côté suisse, l'emploi a bien résisté. A Genève, il a fallu attendre le dernier trimestre 2009 pour le voir se tasser tandis que, dans le canton de Vaud, la tendance reste constamment orientée à la hausse, une évolution favorisée par une économie diversifiée.
Cela dit, le chômage gagne partout des points. Dans l'agglomération transfrontalière, il passe de 5,6 à 7,5% en un an. Dans le Genevois français, partie de l'agglomération en territoire français, il atteint 8,5% au début 2010. A Genève, il s'établit à 7,3%.
L'évolution du nombre de "chômeurs frontaliers" dans l'Ain et la Haute-Savoie, personnes dont le dernier emploi était exercé en Suisse et indemnisées par Pôle emploi, n'est certainement pas étrangère à la forte progression du chômage du côté de la France. En termes relatifs, leur croissance est deux fois plus forte que celle de l'ensemble des chômeurs indemnisés dans les deux départements.
Aucun changement n'est en revanche observé en matière d'évolution démographique qui est le reflet de l'attractivité exercée par la région transfrontalière. Entre 1999 et 2007, la population de l'agglomération franco-valdo-genevoise a progressé à un rythme annuel moyen de 1,6%, supérieur à celui de l'ensemble des quatre territoires (Ain, Haute-Savoie, Genève et Vaud) qui constituent l'espace transfrontalier (+ 1,2%), lui-même plus fort qu'en Rhône-Alpes (+ 0,9%) ou dans les espaces nationaux de référence (+ 0,7% en France et en Suisse). Et plus des deux tiers de la croissance démographique de l'agglomération franco-valdo-genevoise s'expliquent toujours par les apports extérieurs de population.
En 2010, la sortie de crise semble avérée de part et d'autre de la frontière. Le chômage s'est replié dès janvier côté suisse et s'est orienté à la baisse côté français à mi-année. L'évolution à la hausse du nombre de travailleurs frontaliers, qui n'a d'ailleurs jamais cessé, se fait plus vive dès fin 2009, tant dans le canton de Vaud que celui de Genève, et s'accélère au cours des mois suivants.
Les difficultés de 2009 restent de nature conjoncturelle, sans atteindre la dynamique de fond qui anime la région transfrontalière.






