Longtemps répartis sur deux sites distincts, les Services industriels de la Ville de Nyon sont désormais regroupés sous un même toit. Il sert dorénavant de vitrine des applications technologiques de l’avenir, un centre de gestion et de commande de la dernière génération permettant de contrôler l’ensemble des réseaux qu’ils exploitent.
Clairemonde Hirschmann, adi-presse
Situé au Nord de la ville, le nouveau bâtiment des Services industriels (SI) de Nyon comporte des locaux et des équipements permettant aujourd’hui de satisfaire pleinement aux diverses missions qui leur incombent. Le besoin était urgent. Trop longtemps en effet, les bureaux de la Place du Château s’étaient trouvés séparés des ateliers, magasin, garages et places de parc situés quant à eux à la route de St-Cergue.
Cet éloignement géographique rendait tout particulièrement difficile une bonne gestion de l’ensemble. Pas moins d’une vingtaine de projets se succédèrent les uns aux autres depuis la fin des années 1970 en vue de trouver la meilleure solution pour regrouper les services techniques et administratifs.
Ce n’est qu’en 2000 que la commune se résolut finalement à lancer un concours, remporté par le bureau d’architecte O. Galletti & C. Matter, de Lausanne. On put ainsi enfin passer aux appels d’offres. La construction avait d’abord été prévue en plein centre ville. C’est seulement plus tard que l’on opta pour la zone industrielle située au Nord-Est de l’agglomération nyonnaise.
Le programme fut également modifié plusieurs fois en raison de nouvelles exigences financières, obligeant ainsi les architectes à l’adapter à moult reprises. La principale question qui se posait néanmoins à eux demeurait celle de l’aspect à conférer à un bâtiment public situé en pleine zone industrielle.
Des arguments qui surent emporter l’adhésion
La parcelle de 19 308 m2 acquise pour cette nouvelle implantation se situait à Champ-Colin où il existait déjà d’autres constructions typiques des zones industrielles, dont la caserne des pompiers, à savoir des parois revêtues de tôles ondulées. Le projet du bureau Galletti & Matter qui avait emporté l’adhésion proposait un premier corps, situé côté Jura, destiné aux locaux administratifs, avec des façades recouvertes de panneaux de verre. Quant aux services d’exploitation, ateliers et magasin, ils prendraient place dans une simple halle industrielle, attenante au premier, et accessible par l’Ouest.
Lorsqu’il avait fallu obtenir du pouvoir législatif le financement nécessaire, soit quelque 9 millions de francs au total, d’autres atouts encore avaient su le convaincre. Ce projet était en effet conçu dans le respect des normes édictées par le standard Minergie visant à réduire les besoins énergétiques de l’exploitation.
Les crédits furent demandés en décembre 2004, puis accordés en 2005, ce qui permit de démarrer les travaux durant cette même année. Et c’est le 1er janvier 2007 que les collaborateurs des services d’exploitation purent investir leur nouveau lieu de travail, rejoints au mois d’avril par leurs collègues de l’administration.
Pour une rentabilité énergétique maximale
Cette réalisation visant à une rentabilité énergétique optimale comprend une centrale photovoltaïque dotée d’environ 200 m2 de capteurs; une pompe à chaleur air-eau qui produit de la chaleur en hiver et du froid en été pour rafraîchir les différents bureaux et locaux; un couple chaleur-force - groupe électrogène alimenté au gaz naturel – apte à fournir l’électricité de secours ainsi que de la chaleur pour le chauffage; une chaudière conventionnelle à gaz visant à compléter la production de chaleur si nécessaire.
Des panneaux radiants, également alimentés au gaz naturel, chauffent la halle du magasin et les ateliers alors que les bureaux sont dotés de radiateurs conventionnels. Additionnées à des modes d’isolation performants, ces diverses options permettent d’atteindre les limites énergétiques prescrites par le standard Minergie tout en étant rentables et fonctionnelles.
«Comme prévu, au cours du premier hiver, la consommation annuelle pour le chauffage a été assurée à raison de 70% par la pompe à chaleur et le groupe électrogène; la production du froid, en totalité et les besoins en électricité, couverts à environ 15%» confirme en l’occurrence Daniel Perrin, chef d’exploitation. Ainsi, pour la Ville de Nyon, ce bâtiment constitue une véritable vitrine des applications technologiques les plus récentes pour une gestion rationnelle des énergies.
Un chantier conduit avec maîtrise
S’alignant parfaitement sur le style des constructions avoisinantes, la façade Ouest de la partie administrative se compose ainsi d’une double peau en verre miroité dotée de lamelles orientables qui reflètent fidèlement la couleur du temps. Les façades Nord et Sud de l’atelier, d’un rouge bordeau très chaud, sont pour leur part revêtues de tôles d’aluminium éloxées et perforées laissant entrevoir le matériau d’isolation dont elles sont recouvertes. Ce dernier est composé de panneaux en fibre de verre, doublés d’un voile en verre teinté et d’un treillis leur assurant un haut niveau de résistance. Quant à la conception architecturale, simple et fonctionnelle, elle permettrait aisément une extension si les besoins s’en faisaient ressentir.
«Une suspicion de pollution du terrain, qui a nécessité qu’on surveille l’excavation coup de pelle après coup de pelle, ne s’est finalement pas confirmée» rapporte Philippe Gloor, l’architecte responsable de la mise en œuvre du projet. «Il a fallu aussi veiller à ne pas interrompre la veine de gravier qui traversait le terrain afin que les eaux de pluie poursuivre leur ruissellement sans rencontrer d’obstacle.
Une galerie de drainage a donc été créée à cet effet, 60 cm au-dessus du niveau de fondation du bâtiment. Hormis ces deux éléments qui n’étaient pas prévus au programme, le chantier s’est très bien déroulé» se remémore-t-il. «Nous avons malgré tout pu respecter les délais ainsi que les budgets alloués. Il faut dire que Daniel Perrin, représentant du maître de l’ouvrage, est une personne très compétente qui a parfaitement su encadrer l’ensemble des intervenants tout au long des travaux» relève-t-il.
Satisfaction générale
«Après bientôt deux ans dans leur nouveau lieu de travail, on peut dire que l’ensemble de nos collaborateurs sont contents, en particulier les personnes qui travaillaient précédemment à la route de St-Cergue, car leurs locaux étaient on ne peut plus vétustes» se plaît à relever Daniel Perrin. «Ici, nous sommes bien organisés, la coordination est meilleure et la communication passe mieux» enchaîne-t-il.
Le seul point négatif qu’il pourrait néanmoins évoquer, c’est le fait d’avoir perdu le contact direct avec les autres services qui sont pour leur part restés au centre ville. Mais il reconnaît volontiers que les nombreux avantages retirés de ce déménagement compensent largement ce petit inconvénient.
Le nouveau bâtiment des Services Industriels de la Ville de Nyon
Volume SIA: 18 600 m3
Coût global de la construction: fr. 7 796 000.—
Coût m3 CFC 2: 370.-/m3 (bâtiment administratif)






