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Il faut réduire les goulets d'étranglement du réseau

Les pouvoirs publics doivent maîtriser les dépenses courantes pour éviter que la construction des infrastructures soit reportée.

Lors de la Journée Infra qui s'est tenue à Lucerne, les participants se sont déclarés unanimes sur le fait que les possibilités de recours de privés et d'associations envers de nouveaux projets routiers et ferroviaires soient rigoureusement limités. A cette occasion, Beat Kappeler, chroniqueur à l'hebdomadaire dominical NZZ am Sonntag et au journal Le Temps, a mis l'accent sur le fait que les intérêts particuliers sont pondérés dans une mesure disproportionnée par rapport à l'intérêt général d'économie nationale précisément dans la construction d'infrastructures de transport.

Les éternels empêcheurs de tourner en rond et les partisants du statut quo sont privilégiés au grand dam des entrepreneurs, les premiers ne devant que rarement répondre des répercussions négatives de leur politique d'obstruction. A son avis, il conviendrait de corriger les incidences négatives des droits populaires qui sont exercés à outrance.

 

Nouvelles frontières cantonales et communales
Beat Kappeler plaida en faveur d'une réduction draconienne des processus de planification et de décision. Cela serait possible par exemple par la création d'instances ad hoc ou d'associations à but déterminé disposant de compétences législatives et droits populaires transfrontaliers. Dans ce cas, une adaptation des frontières communales et cantonales conformément aux besoins ne devrait plus constituer un tabou.

Selon lui, les organisations environnementales, unions de syndicats d'initiative ou de protection du patrimoine ne devraient avoir la possibilité de recourir contre un projet de construction planifié qu'après une consultation à la base et non pas sur simple décision individuelle de fonctionnaires. Enfin, il conviendrait d'alléger sensiblement les règles de démolition et de réhabilitation, assurant la mobilité des projets d'infrastructure et palliant toute tare séculaire.

 

La baisse des recettes sur les carburants nécessite un nouveau système de financement

En tant que directeur de l'Office fédéral des routes (Ofrou), Rudolf Dieterle a exigé des mesures efficaces rapidement envers les futurs goulets d'étranglement dans les transports, énergétiques et dans le financement. Les futures recettes sur les droits d'entrée sur les carburants régresseront du fait de véhicules toujours plus efficients en termes d'énergie et économiques ainsi que du passage encouragé activement par la Confédération à d'autres options de propulsion de véhicules, par exemple électriques.

L'intensité du trafic augmente, mais également les besoins financiers occasionnés par les charges croissantes d'entretien des routes ou de grands projets visant l'élimination de goulets d'étranglement. De ce fait, un nouveau système de financement destiné à l'entretien et l'aménagement des routes s'impose impérativement. Selon lui, un nouvel impôt devrait être conforme au principe de la causalité, simple et rentable, et d'autre part orienter la demande aussi bien dans le temps que localement, en autorisant une différenciation suivant des critères écologiques.

 

Collapse menaçant en matière de transport

Peter C. Beyeler, conseiller d'État et chef du département des constructions, du trafic et de l'environnement du canton d'Argovie, a prévenu qu'un collapsus en matière de transport. Le directeur des travaux publics a souligné une fois de plus l'importance primordiale des infrastructures de transport argoviennes dans le fonctionnement du système suisse de transport. L'aménagement des infrastructures doit se faire en temps utiles: si l'on tarde trop, les surcoûts dépassent le montant des investissements proprement dits.

Les milieux politiques et économiques devraient par conséquent admettre qu'en tenent compte que des questions purement financières, on s'engage sur une piste dangereuse et risqués. En matière d'infrastructures de transport également, le principe veut qu'il faut d'abord investir avant de bénéficier des retombées que l'on peut en attendre sous forme d'une bonne accessibilité et d'une amélioration de la compétitivité.

 

Baisse des investissements malgré des besoins en hausse

Dans sa fonction de directeur de la fédération Infra, Benedikt Koch a mis en évident le fait que les investissements stagnent alors que les recettes fiscales sont constantes ou en baisse et des dépenses générales courantes en hausse. La part des investissements par rapport aux dépenses globales des pouvoirs publics a régressé de 14,4% à 11,1% entre 1990 et 2007. Il a plaidé pour que l'on investisse en faisant preuve de constance en faveur des infrastructures de transport. Renoncer à la préservation de la valeur des infrastructures de transport ne déchargerait les finances publiques qu'en apparence, des besoins accumulés grevant alors les exercices futurs. Ceux-ci auraient pratiquement le caractère d'un endettement dissimulé, «hors budget».

Président de la fédération Infra, Michel Buro, a alors attiré l'attention sur le fait que la construction d'infrastructures exige des responsables de projet une bonne dose d'acharnement, de courage et d'efforts. A ce titre, ill a cité la ligne de métro M2 de Lausanne qui est entrée en service en septembre 2008, soit après un laps de temps extrêmement court consacré à sa planification et sa construction.

Sauvegarder le savoir-faire dans la construction d'infrastructures
Traugott Benz, ingénieur auprès de l'entreprise Stucky SA de Renens, a permis une incursion dans des cultures étrangères. Il a assisté une entreprise iranienne dans la construction du barrage au fil de l'eau le plus haut de la République islamique. Il est persuadé que de tels engagements contribuent également à sauvegarder pour la Suisse le savoir-faire dans la réalisation de projets de barrages. Il s'agit d'un point important dans l'optique des aménagements en cours et prévus des centrales hydrauliques dans les Alpes suisses.

Ivan Scazziga, ingénieur-conseil EPF, connaît par expérience les facteurs décisifs permettant à une route de durer le plus longtemps possible et de rester opérationnelle. Il s'agit d'un savoir-faire menaçant de disparaître notamment dans nos universités et hautes écoles spécialisées. Il a souligné qu'il était nécessaire d'accorder enfin l'attention nécessaire à la construction de routes dans les établissements précités.

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